INTERVIEW – Le nouveau secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse est en charge de la mise en place du Service national universel.

LE FIGARO. – La copie du gouvernement semble loin de la promesse initiale d’Emmanuel Macron. S’oriente-t-on vers un service a minima?

Gabriel ATTAL. – Au contraire, le schéma sur lequel nous travaillons correspond en tout point à l’engagement du candidat Emmanuel Macron! Un mois pour tous pour créer de la cohésion nationale et républicaine, savoir réagir aux crises, maîtriser les gestes qui sauvent, défendre l’environnement et réaliser une première expérience d’engagement pour l’intérêt général auprès d’une association, d’un corps (pompiers volontaires, police, gendarmerie) ou d’institutions publiques. Un second temps, sur la base du volontariat et d’au moins trois mois, pourra déboucher sur un engagement plus long dans le cadre d’un service civique, des Cadets de la Défense, des pompiers volontaires ou dans la réserve opérationnelle, par exemple. Le SNU sera un outil d’éveil des vocations d’engagement pour l’ensemble d’une classe d’âge et le rassemblement de celle-ci pour se reconnaître dans le destin qu’elle a à construire en commun.

Quelle sera la part du militaire dans le SNU?

Le SNU n’est pas le retour du service militaire. En revanche, les militaires portent le SNU avec nous, ils y participent pleinement, comme en témoigne le rôle du général Daniel Ménaouine et de son équipe. Ils seront bien sûr présents sur l’encadrement et la formation car ils ont une force avérée d’organisation, une capacité à apporter un cadre national, une méthode de travail qui facilite l’inclusion de tous. Tous les ministères vont contribuer à cette réforme, aux premiers rangs desquels le ministère des Armées et évidemment le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse. Une première cohorte de jeunes sera appelée au service national dès 2019.

En quoi l’esprit du SNU diffère-t-il de celui de la Journée de défense et de citoyenneté (JDC)?

Le SNU ne sera pas le simple élargissement des JDC. J’ai fait ma JDC il y a onze ans, c’est un moment où l’on rencontre des jeunes qui viennent d’horizons différents et au cours duquel des dispositifs sont présentés et des tests réalisés. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut un vrai moment de cohésion et de creuset républicain. Il faut que ce soit aussi un moment de préparation pratique pour apprendre à faire face à une crise ou à gérer un accident. Dans les pays nordiques, 80 % de la population sait réagir à une blessure ou à une attaque ; en France, c’est l’inverse, 80 % ne connaissent pas ces gestes-là. Le SNU doit tendre à améliorer cette situation et également à développer une culture de l’engagement.

Il y a des questions logistiques qui se posent, notamment sur l’hébergement…

Des pistes ont été soulevées. Je pense aux structures de tourisme social, aux internats des lycées. On peut aussi mobiliser le secteur privé, et sans doute y aura-t-il des structures à créer ou à aménager. Je ne suis pas inquiet. C’est tous ensemble que nous y parviendrons.

Comment le SNU sera-t-il financé? Le groupe de travail en a estimé le coût à 1,6 milliard d’euros par an…

Je ne m’engage pas sur un chiffrage car ce sont les arbitrages et les préfigurations qui le détermineront. Les moyens seront au rendez-vous, comme pour tous les engagements de campagne du président de la République, qui considère cette réforme comme un investissement et non un coût. Le SNU doit pouvoir aider les jeunes dans leur orientation et répondre au problème des décrocheurs scolaires.

Créer un cadre contraint pour encourager les jeunes à l’engagement n’est-il pas à rebours de l’évolution de la société?

Tout ce qui est obligatoire n’est pas forcément à rebours de l’évolution de la société. Il y a une demande de cadre et de repères. Les jeunes veulent s’engager, cela a été renforcé par les attentats de novembre 2015. Beaucoup disent ne pas connaître les vecteurs pour le faire. Je n’accepte pas que l’engagement soit aujourd’hui marqué socialement: les cadres s’engagent plus que les ouvriers, les jeunes de milieux favorisés plus que ceux issus de milieux difficiles, les premiers sont-ils plus généreux que les autres? Évidemment non. Il y a des freins à lever. C’est l’une de mes missions au côté de Jean-Michel Blanquer.

Interview réalisée par Mathilde Siraud.

vendredi 26 octobre 2018

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