Gabriel Attal se rend en Creuse ce lundi 5 novembre pour consulter la jeunesse creusoise concernant le Service national universel qu’il est chargé de piloter. Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale voit en la Creuse un territoire qui a « tous les atouts » pour accompagner le lancement de cette réforme dès 2019.

Quelles seront les modalités du Service national universel (SNU) ?

Le Président de la République a défini les grands objectifs de ce projet pendant la campagne. Il s’agit d’un moment de cohésion nationale où des jeunes d’horizons divers seront rassemblés autour des valeurs républicaines mais aussi de l’apprentissage d’un certain nombre de réflexes, en matière de gestes de premiers secours par exemple. Le SNU permettra d’acquérir une première expérience de l’engagement dans le monde associatif ou auprès de corps en uniforme, comme les pompiers, les militaires ou la police. Il s’articulera autour d’un mois obligatoire à 16 ans. Deux semaines, qui pourront être organisées en hébergement, permettront de travailler autour d’un certain nombre de valeurs et deux semaines seront consacrées à une mission d’intérêt général. Il y aura, ensuite, une période volontaire d’au moins trois mois dans laquelle les jeunes pourront s’engager à partir de 18 ans. Le SNU va se mettre en place au fur et à mesure mais, dès 2019, une première cohorte de jeunes sera appelée.

Comment seront-ils choisis ?

Il y aura plusieurs départements pilotes. Si je me rends en Creuse, c’est parce qu’il y a tous les atouts pour accompagner le service national dès son lancement. Je viens pour échanger avec les acteurs locaux, les élus et les services déconcentrés de l’État et évoquer ensemble leur intérêt pour cette possibilité.

Aujourd’hui, l’engagement est très marqué socialement. Les jeunes qui s’engagent le plus sont assez souvent ceux qui vivent dans des familles favorisées ou qui ont fait des études.

Rendre le service national universel obligatoire n’est-il pas contre-productif ?

Ce service est national et universel, il doit donc toucher tout le monde. Personne ne remettrait aujourd’hui en question le caractère obligatoire de l’école. Notre enjeu est bien de rendre le SNU attractif et bénéfique pour les jeunes. Dans mes premiers déplacements, j’ai pu mesurer l’envie des jeunes de bénéficier de formation sur les comportements à tenir en cas de catastrophe naturelle ou d’attentat, par exemple. Mais le plus marquant, c’est, leur volonté d’engagement. Aujourd’hui, l’engagement est très marqué socialement. Les jeunes qui s’engagent le plus sont assez souvent ceux qui vivent dans des familles favorisées ou qui ont fait des études. Il existe des freins sociaux, culturels et géographiques que nous devons lever pour l’ouvrir au plus grand nombre.

Il y a beaucoup de fermetures de classe en Creuse. Comment peut-on endiguer le processus ?

La Creuse est un département où le nombre d’élèves par classe en moyenne est bien plus favorable que la moyenne nationale (18,5 élèves contre 23,3). C’est un engagement fort de l’État. Dans certains milieux ruraux, le nombre d’élèves diminue de façon continue et forte depuis plusieurs années. Mécaniquement, le nombre de professeurs devrait baisser drastiquement. On a fait le choix, notamment en Creuse, de maintenir un nombre de professeurs par élève très favorable. Jean-Michel Blanquer réfléchit également à plusieurs projets innovants pour le département, notamment concernant le plurilinguisme. L’apprentissage de l’anglais est essentiel. En Creuse, nous souhaitons porter des initiatives en utilisant notamment la ressource que constitue la présence de ressortissants de pays anglophones. Favoriser l’apprentissage des langues pourrait être un facteur d’attractivité pour l’installation de familles dans le département.

Photo de Eric FEFERBERG / AFP

On parle beaucoup du plan violence scolaire. Quelles en sont les grandes mesures ?

Le cœur du sujet, c’est de restaurer le respect du professeur et son autorité. Un certain nombre de mesures ont été annoncées pour qu’un fait signalé par un professeur soit systématiquement inscrit sur un registre et qu’il y ait des suites voire des poursuites. Nous simplifions également les procédures pour que les conseils de discipline se tiennent plus rapidement et nous revoyons l’échelle et la nature des sanctions. Par exemple, quand un élève est exclu temporairement d’un établissement, au lieu de rester désœuvré, cela a plus de sens qu’il aille réaliser un travail d’intérêt général ou une mission dans une association. Une période probatoire d’un mois sera également instaurée au retour de l’élève dans l’établissement. Cela s’incarnera concrètement par un échange quotidien obligatoire avec l’équipe encadrante.

Un registre, des travaux d’intérêt général, une période probatoire. Ça ressemble fortement à l’univers de la justice…

Il ne s’agit pas de comparer l’école à la police ou à la justice. Ces actions internes à l’Education nationale sont d’abord éducatives. L’autorité doit être rétablie dans l’ensemble des établissements scolaires si nous voulons que les apprentissages de tous les élèves se déroulent dans de bonnes conditions. Certaines mesures de responsabilisation existent déjà dans l’Education nationale, comme les travaux d’intérêt général mais les établissements y ont très peu recours. Il faut accompagner les établissements pour que cela se développe. Le registre numérique est indispensable, nous avons entendu les témoignages des professeurs à travers le hashtag « pas de vague ».

Vous êtes également en charge du monde associatif. Quels sont les axes de travail ?

A la fin du mois de novembre, je présenterai une feuille de route avec des mesures concrètes pour soutenir les associations et les accompagner dans les transformations auxquelles elles sont soumises. Pour renforcer leur force de frappe numérique, par exemple, sujet important notamment en milieu rural. Cela pourrait également permettre de développer de nouvelles formes de bénévolat via le numérique.

Il y aura des mesures fortes sur le financement des associations ?

En début d’année, la majorité a mis en place le Fonds de développement pour la vie associative. Il s’élève à 25 millions d’euros. Des commissions départementales permettent aux associations de toucher des subventions. Il s’agissait de prendre la relève de la réserve parlementaire qui permettait aux sénateurs et aux députés de soutenir financièrement certaines associations dans leurs circonscriptions. En Creuse pour l’année 2018, 73 associations ont été soutenues pour un montant total de 144 000 euros, contre 75 000 euros pour 15 associations en 2016.

Mais, les seuls financements ne suffisent pas, les associations ont aussi besoin d’être accompagnées dans une transformation de leur modèle. Elles pourraient, par exemple, se regrouper pour mutualiser les formations de service civique ou la gestion de leurs ressources humaines. En matière numérique également, pour aller chercher des financements publics mais aussi privés. Je réfléchis à créer une synergie nouvelle entre les associations et les TPE/PME pour favoriser le mécénat, l’apport d’expertises, de compétences.

Oui, je me considère de gauche. J’ai toujours considéré, y compris quand j’étais au PS, que de nombreux enjeux doivent nous amener à dépasser les clivages.

Vous avez été nommé depuis deux semaines en étant le plus jeune membre du gouvernement de la Ve République. Comment se passe l’adaptation ?

C’est une nomination qui engage. Devenir ministre, c’est endosser une très grande responsabilité et une pression importante aussi parce que je suis le plus jeune. Il faut être à la hauteur. Quand vous êtes jeune, vous avez le sentiment que vous devez travailler trois fois plus que les autres pour faire vos preuves et paraître légitime et crédible dans la fonction que vous occupez. Donc je travaille beaucoup.

Être de gauche et travailler au gouvernement d’Emmanuel Macron, c’est compatible aujourd’hui ?

Oui, je me considère de gauche. J’ai toujours considéré, y compris quand j’étais au PS, que de nombreux enjeux doivent nous amener à dépasser les clivages. Quand les partis politiques d’aujourd’hui se sont créés, on ne se posait pas la question de la transition numérique et son impact sur le monde du travail, de la transition écologique, des flux migratoires, de la sécurité et du risque terroriste comme aujourd’hui. Ces nouveaux enjeux dépassent les clivages, et appellent de nouvelles réponses qui ne peuvent pas être enfermées derrière des étiquettes partisanes. Cette logique est au cœur du projet politique porté par Emmanuel Macron.

Propos recueillis par Romain Conversin.

lundi 05 novembre 2018

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