Gabriel Attal, secrétaire d’Etat en charge de la jeunesse, dévoile les contours du service national universel.

Depuis son entrée au gouvernement il y a un mois, Gabriel Attal est devenu le VRP du service national universel (SNU). Jeudi, avant de décoller pour la Guyane vendre la réforme, le secrétaire d’Etat chargé du dossier a accordé une interview au Parisien – Aujourd’hui en France. Il y dévoile la date où il souhaite lancer le SNU.

LP/Frédéric Dugit

Comment interprétez-vous le rapport remis au président de la République ?

GABRIEL ATTAL. Cette enquête nous offre une photographie de l’état d’esprit de la jeunesse. Une majorité des jeunes interrogés est favorable au principe du SNU, seuls 25 % déclarent ne pas avoir envie du tout de le faire. Un élément que nous n’attendions pas nécessairement est la volonté d’un rite de passage républicain. Ces résultats sont positifs, mais nous n’emporterons une plus large adhésion qu’en répondant aux questions concrètes autour de sa mise en œuvre.

Quand seront appelés les premiers concernés ?

Mon objectif, c’est que des premiers jeunes fassent leur SNU dès juin 2019. Cette cohorte sera constituée de plusieurs centaines, voire de plusieurs milliers de jeunes. Pour cette phase pilote seuls des volontaires seront appelés, mais nous veillerons à ce qu’ils soient représentatifs de la jeunesse française : de milieux sociaux différents, réunissant des lycéens, des apprentis, des jeunes actifs et des décrocheurs scolaires. Ils seront répartis dans une dizaine de départements pilotes.

Quand le SNU sera-t-il obligatoire ?

Aujourd’hui, je ne peux pas encore avancer de date précise. Le premier rapport du groupe de travail missionné sur le sujet évoquait 2026, mais nous étudions des options plus rapides, dès lors que toutes les conditions de sécurité sont garanties et que ce rythme permet une formation complète des encadrants. Nous n’avons pas le droit à l’erreur avant de généraliser le dispositif.

Où seront logés les jeunes pendant la quinzaine en hébergement collectif ?

Ils pourront être accueillis dans des internats scolaires, des centres de formation, des structures de tourisme social ou encore des bâtiments à usage militaire. L’un des enjeux de cette phase de cohésion en hébergement, c’est de les sortir de leur environnement immédiat, de leur école, voire de leur département, et de rechercher une mixité sociale.

Le service militaire est aboli, envoyer des jeunes à la caserne risque de crisper…

Le président de la République a été très clair : ce n’est pas le retour du service militaire. Aujourd’hui, la France n’a plus besoin d’une génération entière capable de manier les armes. Mais, en supprimant ce service, on a fait disparaître un moment de possible brassage social autour des valeurs de la République. Il ne faut pas s’enfermer dans la nostalgie, mais adaptons ce projet à la jeunesse d’aujourd’hui. Le SNU doit renforcer les liens entre l’armée et la nation, la participation de militaires dans l’encadrement y contribuera.

Que feront ces jeunes en un seul mois ?

Ce qui compte c’est le contenu et l’intensité de ce qui est proposé. En un mois, on peut faire énormément de choses. L’enquête montre que les jeunes ont envie d’être formés aux réactions en cas d’attaque terroriste et de catastrophe naturelle. L’autre point qui remonte fortement, c’est la protection de l’environnement. On peut envisager des formations aux actions qui préservent la planète.

Quand organiser les deux phases du SNU ?

On va s’appuyer principalement sur le calendrier des vacances scolaires pour la phase d’hébergement. Et, en classe de seconde, la deuxième quinzaine de juin est particulièrement ouverte puisque les élèves n’ont pas d’épreuve du bac. Pour leur mission d’intérêt général, elle pourra s’accomplir hors temps scolaire, mais pas nécessairement durant les vacances. Les jeunes pourront être accueillis par des associations, des collectivités locales ou des organismes publics. L’idée est de les faire participer à la vie de ces structures et de leur faire toucher du doigt une première expérience d’engagement. Ce ne sera pas un stage d’observation.

Propos recueillis par Romain Baheux.

lundi 19 novembre 2018

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